Lundi 20 juillet 2009
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"Ombre secrète"
" (...)
Alors quid de ces pratiques des protecteurs courroucés, appelés aussi gardiens (Dharmapala) ? Sont-elles inoffensives, ou peuvent-elles être
"instrumentalisées" à d'autres fins que celles officielles de la "transmutation" et la "purification" des émotions négatives au cours de la méditation ?
Tout dépend des praticiens de ces images.
Nous pensons que la plupart pratiquent avec bonne foi et dans une orientation bienveillante, nous n'avons dailleurs aucune raison de
présupposer quil en soit autrement.
Nous nous intéresserons donc ici à une marge très minoritaire de ces pratiques, celles accomplies par des personnes qui
n'auraient pas un parfait équilibre psychologique et qui ont été décrites dans la page "perversion du lien".
Nous avons imaginé que ces pratiques pourraient être utilisées par ces quelques personnes peu équilibrées au plan psychologique
décrites précédemment comme violentes, ou violentes perverses, ou encore perverses narcissiques (voir la page Web du site consacrée à cette question). On a vu que selon les estimations
disponibles environ 3% de la population est sujette à ce type de trouble du comportement, répartis à peu près à part égale entre hommes et femmes.
(...)
Et peut-être un très faible pourcentage de personnalités ayant des tendances de violence perverse tentent vraiment de devenir des prédateurs indétectables de l'image subtile et de l'énergie des autres au travers de ces pratiques.
(...)
Quel serait alors le mode opératoire de ces déviances comportementales ?
En voici une esquisse hypothétique : au lieu de commettre des crimes, des abus ou des viols, ils s'assoient dans leur chambre de
yogi, et visualisent ces passages à l'acte sur les autres avec une extrême intensité et un détail méticuleux en se mettant en scène de manière dynamique avec la forme et les attributs du
Dharmapala courroucé. Ces divinités himalayennes sont pourvues généralement d'armes tranchantes, de couperets ou de poignards, mais aussi de longues griffes et de dents immenses.
Ces attributs au lieu de rester des images symboliques, vides de réalité, de métaphores de la compassion comme pour la majorité des
yogis deviennent pour le violent pervers des armes visualisées et à destination tournées vers les victimes qui sont simplement visualisées. Flamboyants de colère, ou de noire passion,
les protecteurs courroucés tiennent un bol rempli de chair ou de sang, et arborent fièrement autour du cou des têtes humaines fraîchement tranchées. Pour la majorité des yogis cela
symbolise la transmutation des agrégats au cours de la méditation, mais pour le violent pervers cela peut être le substrat d'un scénario de victimisation dun tiers, victimisation avec des
atteintes visualisées à l'intégrité du corps de l'autre et de sa vie. Ce type de pratique ne tentera personne qui a des tendances équilibrées, c'est-à-dire la majorité des pratiquants
qui sont très conscients de ce type de dérapages. Mais ce type de jeu de rôle macabre peut éventuellement devenir une véritable addiction
pour les rares personnalités violentes dont le lien affectif et social est perverti.
(...)
Ces personnes naïves répondront volontiers au sourire qui leur est adressé, croyant à l'apparence vertueuse que confère une robe
qui évoque le lamaïsme, ou le prestige de quelque école initiatique, sans se douter qu'elles deviendront les jouets non consentants, bien involontaires, de la pratique tantrique
unilatérale de leur discret prédateur le soir-même dans la solitude de sa chambre.
Le tantrika en mal de satisfactions se visualisera par exemple en yabyum (union sexuelle) avec la personne rencontrée pourtant
si innocemment, quand il ne la soumettra pas à ses caprices de psychopathe ou de pervers accomplis sous la forme d'images en mouvement courroucées et violentes avec la visualisation explicite des
coups de couperets, de griffes, de dents ou de lance.
Ces images dynamiques adoptent le protecteur courroucé comme avatar pour déculpabiliser leur auteur au sein de
la pratique bouddhiste, lever les inhibitions, et donner au yogi violent libre cours à ses fantasmes retenus dans sa vie de renoncement et d'ascèse. Les 7 années de pratique en ermitage
collectif donneraient, paraît-il, à ce type d'auto visualisations une plus grande clarté et une précision accrue, l'esprit s'étant longuement entraîné à ces
exercices.
Ces pratiques ne sont pas supposées être détournées sur ces voies erronées, et sans doute le sont-elles en effet très rarement.
Mais le yogi est bien le seul à en juger : aucune police, aucune justice ne viendra lui en faire reproche, et ces actes purement mentaux ou abstraits ne sont pas considérés comme des
infractions, des délits ou encore moins des crimes. A l'extérieur rien n'arrive, rien ne se voit, il ne se passe rien de tangible. Cette liberté totale, cette absence de sanction de la part de la
société, peuvent donc tenter certains, heureusement sans doute fort rares, dans cette regrettable direction...
Dans cet exemple je n'ai bien entendu pas la prétention d'épuiser le sujet, mais de faire entrevoir ce type de phénomène, même si nous ne disposons pas dun vocabulaire adapté.
(...)
Je ne connais pas la nuisance subjective et encore moins objective que pourraient représenter ces pratiques erronées pour leurs victimes.
Selon la raison ordinaire, il ne devrait rien se passer pour celui qui subit de type de visualisation, puisqu'il ne sagit que d'images, et encore
d'images intérieures.
Il m'a de plus été objecté que « la karma mûrit et rétribue sévèrement les adeptes aux pratiques erronées ».Ce serait une bonne nouvelle, et je veux croire au Père Noël. Pourquoi pas, en effet, une autorégulation au sein du système tantrique lui-même. Excellente
idée, mais un peu idéaliste.
Plusieurs de ces personnes ont connu des difficultés intérieures suite à un entretien houleux avec ce tantrika qui a des fonctions
dans cette communauté. Et il a fallu à chacune de ces personnes plusieurs années pour dépasser ces difficultés intérieures inédites et sans réelle cause
certaine, suite à un seul entretien de quelques dizaines de minutes. Deux personnes m'ont dit qui leur a fallu trois années pour sortir de ce sentiment mêlé de
conflit intérieur, d'agitation et de dépression qui a fait suite à une interview où le yogi en question s'est mis en colère avec
elles.
L'une de ces personnes s'est ouvert de ses questions auprès d'un autre pratiquant du tantrisme qui connaît bien de
l'intérieur la situation réelle de cette communauté. Il lui a confirmé ses intuitions, ajoutant que le tantrika en question était
"peu équilibré" et "misogyne" et qu'il aurait déjà fait de nombreuses "victimes" parmi les femmes qui venaient régulièrement se plaindre du traitement moral désagréable qu'elles
avaient subi.
Le mode opératoire était toujours le même : au début le yogi établissait une relation amicale, cordiale, souriante, séduisante et personnelle avec chacune de ces personnes qui s'ouvraient de plus en plus et adoptaient ce personnage comme leur
guide spirituel. Puis, alors que ce processus d'ouverture était bien engagé et que la personne était liée solidement par des liens subtilsavec notre tantrika, ce dernier se mettait subitement en
colère, faisait des reproches injustes et terribles à sa disciple, et mettait cette élève dans un état d'abattement et de conflit intérieur qui pouvait ainsi prendre plusieurs années pour se dissiper lentement.
Ces conversations sont très récentes autour de la communauté que j'évoque, et reflètent une nouvelle prise
de conscience.
(...)
C'est à partir du moment où les victimes ont commencé à en parler entre elles, puis un peu autour d'elles, que les langues ont
commencé à se délier, et que des anciens du système ont mis aussi leur expérience à leur service pour leur permettre d'étoffer leurs analyses.
Il a fallu admettre à chacune de ces victimes que seul l'instant de dispute avec ce tantrika ne
pouvait pas expliquer la gravité et la durée du conflit intérieur qui en avait résulté. Il y avait certainement autre chose en filigrane qui
avait agi. Mais quoi ?
Et c'est en parlant avec des anciens, qui connaissaient bien ce système tantrique que les victimes en sont arrivées à ce qui est sans doute
le coeur du sujet. Ce tantrika misogyne est un spécialiste de Makalaha mais aussi d'autres protecteurs courroucés du même lignage, et il est notoirement connu au sein de sa communauté pour les
utiliser au quotidien dans ses relations avec les autres. Il a également fait la deuxième retraite de 3 ans où ces pratiques sont enseignées en auto
visualisation, pendant plus d'une année de pratique intensive, environ douze heures par jour.
Difficile dy croire, en effet.
Le débat ne fait que commencer, le sujet n'ayant été qu'effleuré. Et nous ne disposons pas du vocabulaire ni du cadre de référence pour
évoquer ces "questions invisibles"...
(...)
Oui, les lois protègent attentivement le citoyen. Mais dans le domaine de l'intrusion ou de la subjugation spirituelle, (si
ces choses ont le moindre sens) rien ne filtre, rien n'est visible, et il faudra aux victimes faire valoir des droits plus tangibles en
plaidant et en prouvant la manipulation mentale, ou l'abus de faiblesse et d'ignorance de personnes en état de sujétion
psychologique.
Parfois l'absence de symptômes clairs, visibles, et de liens évidents de cause à effet, peut réduire les possibilités de se défendre en utilisant le droit.
Et c'est sans doute pour cela qu'il faut craindre hélas les premiers suicides ou décès prématurés pour que des parents ou des proches osent porter plainte, se faisant assister de l'Unadfi, comme dans un autre cas récent,
celui du Néophare plaidé en 2004. La loi Abou-Picard sur l'abus de faiblesse et d'ignorance de personnes en état de sujétion psychologique y a été appliquée
pour la première fois.
Alors avant que tout drame n'ait lieu, les forums, les sites Internet et les livres peuvent utilement permettre aux victimes de faire
valoir leur expérience et de la partager, puis de contenir les éventuels dérapages communautaires, et de prévenir les accidents regrettables. (...)"
http://pagesperso-orange.fr/marc-bosche/wsb3911575201/2.html
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