Jeudi 13 novembre 2008
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"...Et là, comme ils le font au gré de leur périple français, les deux hommes racontent la sanglante répression policière qui s'est abattue les 3
et 4 mai dernier sur San Salvador Atenco. « Là-bas, pas un mot de la presse qui a été manipulée. Ce sont les moyens alternatifs qui ont permis de témoigner. On en a assez de ce silence, de
cette chape. On veut que tout le monde sache ce qui s'est passé car depuis, les arrestations se poursuivent », indique Saul.
Partie sur place en juin, une commission internationale citoyenne en est revenue après avoir recueilli des photographies, des documents et la parole de
la population. Sis dans l'État de Mexico, San Salvador Atenco était connu jusque-là pour son opposition au projet de construction d'un aéroport, menaçant d'expropriation de leurs terres quelque 4
000 paysans. Le FPDT s'est constitué en 2001 pour lutter contre ce dessein gouvernemental. Les rangs se sont vite étoffés : le Front compte aujourd'hui quelque 10 000 adhérents.
« C'est tout le village qui s'est mobilisé contre l'aéroport et c'est pour s'y être opposé (et avoir obtenu l'abandon du projet, ndrl) que cette
vengeance a eu lieu », poursuit Saul.
Le 3 mai, quelque 500 policiers se déploient sur la place d'Atenco afin d'en chasser des vendeurs de fleurs. Les
habitants prennent la défense des marchands ambulants. Le lendemain, dès 6 heures, pas moins de 3 500 policiers fédéraux bouclent la ville. « Ils avaient carte blanche. Ils sont entrés dans les
maisons, les ont pillées, ont battu des femmes, des enfants ». Deux jeunes gens de 14 et 20 ans tombent sous les balles policières.
Bilan :
deux morts, deux cents arrestations, trente femmes violées. Une trentaine d'hommes croupissent aujourd'hui en prison, « sans être passés devant un juge
».
« Le gouverneur et le président sont responsables et les médias continuent de taire cela ».
http://www.ladepeche.fr/article/2007/02/21/377194-Carcassonne-Atenco-que-la-verite-eclate.html
"....Si Saul, Aldo et d'autres de leurs amis se mobilisent ainsi et parcourent le monde c'est parce qu'ils ne veulent pas que les événements
tragiques d'Atenco tombent pas dans l'oubli ; ils se battent pour qu'ils soient reconnus et ne restent pas impunis :
« Notre combat contre l'aéroport était juste : il allait au delà de la seule défense de nos terres, il y avait aussi celle de notre culture, de
nos traditions, de notre peuple : nous ne voulions pas que tout cela disparaisse, soit rayé de la carte au nom d'on ne sait quels intérêts ignorant les nôtres. Et nous n'avions pas à
subir cette répression sanglante. »
Ils espèrent aussi trouver des appuis, de l'aide pour qu'il puissent continuer à se battre et obtenir réparation."
http://www.ladepeche.fr/article/2007/02/28/609-Foix-Les-paysans-d-Atenco-reclament-justice.html
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